Les mystères du peuple, Tome I: Histoire d'une famille de prolétaires à travers les âges Lire le livre en ligne
[PDF] Free Les mystères du peuple, Tome I: Histoire d'une famille de prolétaires à travers les âges
Enjoy, You can download **Les mystères du peuple, Tome I: Histoire d'une famille de prolétaires à travers les âges- Meilleur livre Now
Par Eugène Süe
Click Here to
**DOWNLOAD**

Extrait : "Mais j'ose le dire, si Dieu avait voulu que l'Écriture nous eût conservé l'héritage paternel aussi brillamment
qu'elle l'a fait chez les Hébreux, les Grecs et les Romains, loin d'humilier nos antiquités nationales devant
celles de ces peuples, nous n'eussions voulu relever que d'elles seules. (Jean Raynaud, article =Druidisme=,
page 405, Encyclopédie nouvelle.) Nous aurons souvent occasion de citer l'autorité si imposante de notre
illustre et excellent ami Jean Raynaud.]
--Mais nous sommes Français? Comment diable arranges-tu cela, mon garçon?
--C'est que notre pays... notre mère-patrie à tous, ne s'est pas toujours appelée la France.
--Tiens... tiens... tiens...--dit le vieillard en ôtant sa pipe de sa bouche;--comment, la France ne s'est pas
toujours appelée la France?
--Non, grand-père; pendant un temps immémorial notre patrie s'est appelés la Gaule, et a été une république
aussi glorieuse, aussi puissante, mais plus heureuse, et deux fois plus grande que la France du temps de
l'empire.
--Fichtre! excusez du peu...
Les mystères du peuple, tome I, by Eugène Sue 17
--Malheureusement, il y a à peu près deux mille ans...
--Rien que ça... deux mille ans! Comme tu y vas, mon garçon!
--La division s'est mise dans la Gaule, les provinces se sont soulevées les unes contre les autres...
--Ah! voilà toujours le mal... c'est à cela que les prêtres et les royalistes ont tant poussé lors de la révolution...
--Aussi, grand-père, est-il arrivé à la Gaule, il y a des siècles, ce qui est arrivé à la France en 1814 et en 1815?
--Une invasion étrangère!
--Justement. Les Romains, autrefois vaincus par Brennus, étaient devenus puissants. Ils ont profité des
divisions de nos pères, et ont envahi le pays...
--Absolument comme les cosaques et les Prussiens nous ont envahis?
--Absolument. Mais ce que les rois cosaques et prussiens, les bons amis des Bourbons, n'ont pas osé faire, non
que l'envie leur en ait manqué, les Romains l'ont fait, et malgré la résistance héroïque de nos pères, toujours
braves comme des lions; mais malheureusement divisés, ils ont été réduits en esclavage, comme le sont
aujourd'hui les nègres des colonies.
--Est-il Dieu possible!
--Oui. Ils portaient le collier de fer, marqué au chiffre de leur maître, quand on ne marquait pas ce chiffre au
front de l'esclave avec un fer rouge...
--Nos pères!--s'écria le vieillard en joignant les mains avec une douloureuse indignation,--nos pères!
--Et quand ils essayaient de fuir, leurs maîtres leurs faisaient couper le nez et les oreilles, ou bien les poings et
les pieds.
--Nos pères!!!
--D'autres fois leurs maîtres les jetaient aux bêtes féroces pour se divertir, ou les faisaient périr dans
d'affreuses tortures, quand ils refusaient de cultiver, sous le fouet du vainqueur, les terres qui leur avaient
appartenu...
--Mais attends donc,--reprit le vieillard en rassemblant ses souvenirs,--attends donc! ça me rappelle une
chanson de notre vieil ami à nous autres pauvres gens...
--Une chanson de notre Béranger, n'est-ce pas, grand-père? =les Esclaves gaulois=?
--Juste, mon garçon. Ça commence... voyons... oui... c'est ça...
D'anciens Gaulois, pauvres esclaves, Un soir qu'autour d'eux tout dormait, etc., etc.
Et le refrain était:
Pauvres Gaulois, sous qui trembla le monde, Enivrons-nous!
Ainsi, c'était de nos pères les Gaulois que parlait notre Béranger? Hélas! pauvres hommes! comme tant
Les mystères du peuple, tome I, by Eugène Sue 18
d'autres sans doute, ils se grisaient pour s'étourdir sur leur infortune..."
Extrait : "Mais j'ose le dire, si Dieu avait voulu que l'Écriture nous eût conservé l'héritage paternel aussi brillamment
qu'elle l'a fait chez les Hébreux, les Grecs et les Romains, loin d'humilier nos antiquités nationales devant
celles de ces peuples, nous n'eussions voulu relever que d'elles seules. (Jean Raynaud, article =Druidisme=,
page 405, Encyclopédie nouvelle.) Nous aurons souvent occasion de citer l'autorité si imposante de notre
illustre et excellent ami Jean Raynaud.]
--Mais nous sommes Français? Comment diable arranges-tu cela, mon garçon?
--C'est que notre pays... notre mère-patrie à tous, ne s'est pas toujours appelée la France.
--Tiens... tiens... tiens...--dit le vieillard en ôtant sa pipe de sa bouche;--comment, la France ne s'est pas
toujours appelée la France?
--Non, grand-père; pendant un temps immémorial notre patrie s'est appelés la Gaule, et a été une république
aussi glorieuse, aussi puissante, mais plus heureuse, et deux fois plus grande que la France du temps de
l'empire.
--Fichtre! excusez du peu...
Les mystères du peuple, tome I, by Eugène Sue 17
--Malheureusement, il y a à peu près deux mille ans...
--Rien que ça... deux mille ans! Comme tu y vas, mon garçon!
--La division s'est mise dans la Gaule, les provinces se sont soulevées les unes contre les autres...
--Ah! voilà toujours le mal... c'est à cela que les prêtres et les royalistes ont tant poussé lors de la révolution...
--Aussi, grand-père, est-il arrivé à la Gaule, il y a des siècles, ce qui est arrivé à la France en 1814 et en 1815?
--Une invasion étrangère!
--Justement. Les Romains, autrefois vaincus par Brennus, étaient devenus puissants. Ils ont profité des
divisions de nos pères, et ont envahi le pays...
--Absolument comme les cosaques et les Prussiens nous ont envahis?
--Absolument. Mais ce que les rois cosaques et prussiens, les bons amis des Bourbons, n'ont pas osé faire, non
que l'envie leur en ait manqué, les Romains l'ont fait, et malgré la résistance héroïque de nos pères, toujours
braves comme des lions; mais malheureusement divisés, ils ont été réduits en esclavage, comme le sont
aujourd'hui les nègres des colonies.
--Est-il Dieu possible!
--Oui. Ils portaient le collier de fer, marqué au chiffre de leur maître, quand on ne marquait pas ce chiffre au
front de l'esclave avec un fer rouge...
--Nos pères!--s'écria le vieillard en joignant les mains avec une douloureuse indignation,--nos pères!
--Et quand ils essayaient de fuir, leurs maîtres leurs faisaient couper le nez et les oreilles, ou bien les poings et
les pieds.
--Nos pères!!!
--D'autres fois leurs maîtres les jetaient aux bêtes féroces pour se divertir, ou les faisaient périr dans
d'affreuses tortures, quand ils refusaient de cultiver, sous le fouet du vainqueur, les terres qui leur avaient
appartenu...
--Mais attends donc,--reprit le vieillard en rassemblant ses souvenirs,--attends donc! ça me rappelle une
chanson de notre vieil ami à nous autres pauvres gens...
--Une chanson de notre Béranger, n'est-ce pas, grand-père? =les Esclaves gaulois=?
--Juste, mon garçon. Ça commence... voyons... oui... c'est ça...
D'anciens Gaulois, pauvres esclaves, Un soir qu'autour d'eux tout dormait, etc., etc.
Et le refrain était:
Pauvres Gaulois, sous qui trembla le monde, Enivrons-nous!
Ainsi, c'était de nos pères les Gaulois que parlait notre Béranger? Hélas! pauvres hommes! comme tant
Les mystères du peuple, tome I, by Eugène Sue 18
d'autres sans doute, ils se grisaient pour s'étourdir sur leur infortune..."
see this video about book
Tidak ada komentar:
Posting Komentar